vendredi 30 avril 2021

Amazon a triplé ses profits au premier trimestre 2021, dépassant toutes les attentes

Amazon a plus que triplé son bénéfice net, à 8,1 milliards de dollars pour la période de janvier à mars, signe que l'appétit pour le commerce en ligne ne faiblit pas alors que certains pays, dont les États-Unis, émergent progressivement de la pandémie. 


Le géant américain des technologies a aussi largement dépassé les attentes du marché avec un chiffre d'affaires de 108,5 milliards de dollars, supérieur à ses propres prévisions et en hausse de 44% sur un an, alors que l'entreprise avait déjà enregistré une forte croissance au premier trimestre 2020. Son titre s'appréciait de 4% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York. 

"C'est une accélération par rapport à la croissance de toute l'année dernière, et une autre indication que le coup de pouce aux affaires d'Amazon en 2020 ne montre aucun signe de déclin", a commenté Nicole Perrin, analyste du cabinet eMarketer. 

Commerce en ligne et services aux entreprises

La croissance du groupe de Seattle est portée par les ventes sur sa plateforme d'e-commerce, notamment en Amérique du Nord, mais aussi par les services aux entreprises qui utilisent sa place de marché (24 milliards de dollars, +64%) et par les recettes publicitaires (7 milliards de dollars, +77%). "Le volume de la distribution qui passe par des canaux numériques continue d'augmenter et va donc soutenir encore plus les dépenses publicitaires à l'avenir", a ajouté Nicole Perrin. 

Mi-avril, Amazon a annoncé compter plus de 200 millions d'abonnés dans le monde à son service Prime, qui donne accès à des livraisons gratuites et rapides et à des plateformes de streaming. La formule coûte une douzaine de dollars par mois et a été adoptée par quelque 50 millions de personnes pendant l'année de la crise sanitaire, signe de la transition accélérée vers les achats sur internet. 

Les investisseurs guettent les signes d'un ralentissement de cette transition, mais ils ne les trouveront pas chez Amazon. Le groupe table sur un chiffre d'affaires compris entre 110 et 116 milliards de dollars pour le trimestre en cours, soit 24 à 30% de plus sur un an, si le "Prime Day", sa journée de soldes, se tient bien entre avril et juin. 

13,5 milliards de chiffre d'affaires pour le cloud

En 2020, Amazon a généré plus de 500 milliards de dollars de ventes en ligne, 45% de plus qu'en 2019, selon eMarketer. En 2021, la croissance devrait revenir à des taux habituels, de l'ordre de 15%. Selon ce scénario, la plateforme détient 11,7% du marché mondial de l'e-commerce.  

AWS, sa division de cloud (informatique à distance), n'est pas en reste, avec un chiffre d'affaires de 13,5 milliards au premier trimestre, en hausse de 32% sur un an. "Nous avons vu de nombreuses entreprises décider qu'elles ne veulent plus gérer leur propre infrastructure technologique", a remarqué Brian Olsavsky, directeur financier du groupe. "Nous pensons que cette tendance va continuer pendant la reprise post-pandémie". 

Le commerce en ligne et le cloud sont deux secteurs numériques qui ont explosé pendant la pandémie, à la faveur des restrictions de déplacement. Les géants de la Silicon Valley (Google, Apple et Facebook) ont tous publié des résultats trimestriels faramineux cette semaine. "Les grandes entreprises de la tech sont au bon endroit au bon moment. Le Covid-19 a accéléré la transformation numérique dans l'éducation, la santé, le télétravail et l'e-commerce, et amélioré la rentabilité de ces firmes", a noté Darrell West, un chercheur du centre pour l'innovation technologique à la Brookings Institution. 

Profits exubérants pour tous les géants de la tech

Qu'ils capitalisent sur le temps passé en ligne par les internautes, sur leurs transactions ou leurs achats d'appareils électroniques, les géants de la tech ont réalisé des profits exubérants début 2021, tandis que l'économie traditionnelle souffrait des restrictions de déplacement et d'activités liées à la pandémie. 

Alphabet, maison mère de Google, a réalisé 55,31 milliards de chiffre d'affaires de janvier à mars, soit 34% de plus qu'il y a un an. Dès le printemps dernier, le moteur de recherche et son voisin Facebook ont investi à foison dans les outils et plateformes pour faciliter les transactions en ligne, et inciter les ménages et les commerçants à utiliser leurs services, déjà très populaires pour le divertissement ou la recherche d'informations. Ils ont ainsi conforté leur emprise sur le marché mondial de la publicité numérique.  

Sur la période de janvier à mars, Facebook et Apple ont vu leurs bénéfices nets doubler, à 9,5 milliards de dollars pour le réseau social, et 23,6 milliards pour la marque à la pomme. Celle-ci a explosé ses ventes d'iPhone (+66%), de tablettes iPad (+79%) et d'ordinateurs Mac (+70%). 

Les habitudes prises pendant la pandémie auront sans doute la vie dure. Ni les sociétés ni les experts ne semblent plus craindre de retour massif aux modes de consommation d'avant le Covid. Les velléités de régulation de la part de l'Europe et aussi de Washington, avec le gouvernement démocrate de Joe Biden, apparaissent comme les seuls éventuels nuages à l'horizon de la côte ouest des États-Unis, où se trouvent les sièges des Gafam. Facebook et Google font déjà face à des poursuites de la part des autorités américaines sur le front du droit de la concurrence, et Apple et Amazon sont visés par des enquêtes similaires. 

Source : L'Express

jeudi 29 avril 2021

Pose de verre feuilleté acoustique ou de verre réfléchissant à Brindas


Ce vitrier sur Brindas souhaite ce qu'il y a de mieux pour ses clients. C'est pourquoi, l'entreprise de Basico Vitrier a choisi de travailler avec de nombreuses marques comme Joint Dual, Velux, Tryba, Lorenove, Rehau, Saint Gobain ou bien encore Aluminium Installu.

Cette société de vitrerie et de miroiterie peut opérer pour de multiples prestations tels que des installations de vitres sur-mesure, bris de glace, des poses de verres feuilletés garde-corps, des remplacements de verres anti-infraction, des mises en place de baies vitrées pour balcon, et bien d'autres encore.

Basico Vitrier peut intervenir pour des dépannages en urgence ou sur rendez-vous, tout au long de l'année.

Vous pouvez demander votre devis détaillé gratuit dès maintenant, directement en ligne ou par téléphone.

mercredi 28 avril 2021

Livres : le top 10 du mois d’avril

 

Comme chaque mois désormais, découvrez notre sélection des dix livres immanquables à dévorer, sans modération.



Le confinement étendu à toute la France nous oblige à nous occuper autrement. Et si parfois vous n’avez pas envie d’errer sur les plateformes de streaming telles que Netflix, Amazon Prime Vidéo ou Disney +, que diriez-vous de plonger dans un bon bouquin ? Un passe-temps très à propos en cette période de quarantaine qui aura le mérite de vous distraire. Romans biographiques ou d’aventures, récits fictionnels, effrayants, ou bien thrillers haletants...: vous trouverez forcément de quoi occuper vos journées et vous évader le temps de quelques chapitres. 

ROMANS, CONTES ET THRILLERS PASSIONNANTS

Alors pour commencer ce mois d’avril sous les meilleurs auspices, piochez parmi notre top dix des livres à découvrir absolument. Une sélection lue et approuvée par la rédaction.

  • « LA SIDÉRATION », DE LAURENCE BENAÏM (STOCK)


C’est une lettre bouleversante devenue un livre que Laurence Benaïm, auteure de bios raffinées d’Yves Saint Laurent et de Marie-Laure de Noailles, adresse à sa mère.
À la mort de sa mère, l'écrivaine Laurence Benaïm découvre son journal intime. Et avec lui, ses secrets indicibles. Nicole, fille de Hermann et Rachel Frajder, fut une enfant cachée pendant la guerre dans un petit village de l'Yonne ; ses tantes, déportées à Auschwitz, ne sont jamais revenues. « Chana et Mirla sont mortes deux fois, la première fois dans les camps, la deuxième fois en tombant dans un puits d'oubli », écrit Laurence Benaïm. Blessures béantes qui éclairent d'une autre lueur cette mère qui n'eut de cesse de s'absenter à sa famille, cette chirurgienne du cœur toujours happée par ses malades, réfugiée dans une vie à « soigner les autres, à ne jamais faillir ». Cette mère empêchée de tendresse par trop de douleur, dont chaque enfant a ravivé les blessures, au lieu de les adoucir. Parcours enlacé de fille et de mère où la première se glisse dans les pas de la seconde afin de comprendre, de retisser les fils, de conjurer l'absence. L'auteure laisse ses souvenirs affleurer sans fard. Elle ne tait ni l'adolescente qu'elle fut, « j'étais grosse, je vivais à l'intérieur de mes petits bourrelets, de tous ces mensonges, avaler et vomir, avaler et vomir […] », ni l'amour de ses parents enfoui sous le poids des rancœurs et des frustrations. Ni cette question qui se joue pour chaque enfant devenu adulte : la répétition, ou le pas de côté. « Les mots sont des remparts contre l'oubli », écrit Laurence Benaïm. Un chemin vers le pardon, la gratitude et l'amour, aussi.

Soline Delos

  • « ON ÉTAIT DES POISSONS », DE NATHALIE KUPERMAN (FLAMMARION)

Pas facile d’être la fille d’une telle génitrice. Nathalie Kuperman raconte cette histoire folle, à hauteur d’enfant. Poignant.

C'est une mère imprévisible. Physiquement, elle ne lâche pas sa fille de 11 ans, Agathe. Mais en réalité, elle est ailleurs. Elle plane dans son monde. D'ailleurs, de temps en temps, elle disparaît, elle abandonne Agathe, puis revient dans la nuit, ivre, la robe en lambeaux, se vantant d'avoir passé quelques heures entre les bras d'un homme. « On était des poissons » est un roman dur sur la souffrance infligée par une mère folle, observée à travers les yeux de l'enfant. Cette femme fait d'Agathe la spectatrice de sa chute, et sa prisonnière. Nathalie Kuperman écrit pour les adultes et pour la jeunesse. Elle sait donc trouver les mots pour traduire la confusion, mais aussi la maturité d'Agathe ; pour rendre compte de l'intuition qu'ont les enfants lorsqu'un drame couve, même quand ils ne peuvent en saisir exactement les causes et les contours.

La mère et la fille partent pour la Côte d'Azur, alors que l'année scolaire n'est pas terminée, et Agathe devine que quelque chose ne tourne pas rond. Au Lavandou, la mère la bouscule par une série d'injonctions : « Maillot de bain ! », pour que sa fille l'accompagne dans l'eau, ou « Trinquons ! », prononcé bien fort dans un restaurant. Elle boit trop, Agathe a honte. Les adultes qui les entourent ne sont d'aucun secours. La peur le dispute au mystère. Quels malheurs la mère a-t-elle vécus ? À quoi pense-t-elle lorsqu'elle dit : « Nous étions des poissons » ? Nathalie Kuperman montre Agathe prise entre plusieurs feux, tremblante, mais loyale avec sa mère qu'elle suit dans ses fous rires, « alors que la situation ressemblait à un immeuble qui s'effondre ».

Virginie Bloch-Lainé

  • « JAMES & NORA. PORTRAIT DE JOYCE EN COUPLE », D'EDNA O'BRIEN (SABINE WESPIESER ÉDITEUR)

Edna O’Brien signe un texte bref, brillant et tonique sur le couple que James Joyce a formé avec la « bavarde » Nora.

Que signifie « joyciser » ? Écrire dans le style de Joyce, à la frontière du sens et du non-sens. C'est ce que fait l'Irlandaise Edna O'Brien, 90 ans, dans ce bref essai consacré à James Joyce et Nora Barnacle. Il l'a rencontrée en 1904 et ne l'a plus jamais quittée, jusqu'à sa mort en 1941. James et Nora s'aimaient passionnément ; attention, danger ! Ils vivaient dans la misère et s'envoyaient des lettres d'amour fou et cru. La romancière raconte alors leur complicité, leurs emportements, leurs exils pour fuir les dettes, leur façon chaotique d'être parents et amants : « Avoir un aperçu de l'ascension-descension d'autrui en amour est quasiment impossible, mais la comprendre chez James Joyce est vertigineux, redoutable, métamorphosant et impondérable. Ici, point de batterie de cuisine, point de normalité. Il est à la fois une réalité bizarre dans sa quête et une métamorphose par où les femmes sont hissées sur des piédestaux pour litanies. » Sous-titré simplement « Portrait de Joyce en couple » en hommage au « Portrait de l'artiste en jeune homme » de Joyce, le livre recèle de superbes difficultés. Edna O'Brien joue avec le babil inventé par l'auteur d'« Ulysse ». Elle en parsème ses pages, frôlant parfois le poème en prose, comme ici : « Et patali et patala, que je te me le butine, lutine et turluttine. » Écoutez le son, et le sens viendra. C'est en lisant Joyce à qui elle a consacré une biographie qu'Edna O'Brien a découvert sa vocation d'écrivaine. Comme lui, elle a quitté l'Irlande qui censurait sa liberté de plume. Son essai est suivi d'une postface épatante de Pierre-Emmanuel Dauzat. Le traducteur d'O'Brien montre que la langue de Joyce est « formée de toutes les langues », au point que le lecteur français « est enclin à se demander si les traducteurs ont fait leur office ».

Virginie Bloch-Lainé

  • « L'HÔTEL DE VERRE », D'EMILY ST. JOHN MANDEL (RIVAGES NOIR)

2018. Au large de la Malaisie, une femme se noie. Elle s'appelle Vincent. Entre cette scène océanique qui ouvre et referme le roman, sa vie sert de fil rouge à un récit dont la construction, éclatée mais facile à suivre, sert un projet ambitieux : raconter la fin d'un monde. Le précédent livre d'Emily St. John Mandel, « Station Eleven », suivait une troupe de théâtre shakespearien dans un futur ravagé par une pandémie. Ce coup-ci, l'écrivaine canadienne remonte le temps et examine comment, dans le sillage de la crise financière de 2008, la somme des vénalités et des lâchetés individuelles a entraîné l'effondrement d'un système. Au cœur du livre, Jonathan Alkaitis est un financier de Wall Street, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à l'escroc Bernard Madoff, dont la colossale arnaque ruina des centaines d'épargnants. En 2005, avant sa chute, Alkaitis est le propriétaire d'un « hôtel de verre » posé sur une île sauvage au nord de Vancouver. C'est entre les murs transparents de ce palace que se fixe une intrigue opaque. La barmaid, Vincent, sublime jeune femme, démissionne pour devenir sa compagne. Le milliardaire, veuf et sexagénaire, lui ouvre les portes du « royaume de l'argent » ; elle les pousse, plus par lassitude que par vénalité. Employé de ménage, son demi-frère Paul s'est fixé ici quelques instants, avant de poursuivre sa dérive. Leon Prevant, lui, est un client. Il sera l'une des victimes de l'arnaque montée par Alkaitis. Enchaînant les points de vue par une habile mécanique de relais, se jouant des temporalités sans que cela impacte vraiment le déroulement de l'intrigue, Emily St. John Mandel élabore la chronique d'un effondrement. Du bas de l'échelle au toit du monde, des trottoirs new-yorkais aux penthouses avec vue sur Central Park, elle interroge la force des illusions, le pouvoir de l'argent et la violence de la chute. Attention à l'atterrissage.

Clémentine Goldszal

  • « SEUL ENTOURÉ DE CHIENS QUI MORDENT », DE DAVID THOMAS (ÉDITIONS DE L'OLIVIER)

Le titre du recueil de David Thomas est aussi long que les nouvelles qu’il contient sont brèves : « Seul entouré de chiens qui mordent » est une formidable collection de microfictions.

David Thomas est un habitué de ce genre dans lequel il excelle : la surprise et le plaisir du lecteur y sont d'autant plus forts que le texte est court. Les personnages sont célibataires ou divorcés et animés de l'espoir de retrouver l'âme sœur. L'amour les travaille ; pour qui n'en va-t-il pas ainsi ? Ils élaborent des stratégies comiques, tellement impossibles à tenir qu'elles tombent à l'eau. Mais ces toiles de fond un peu sombres sont relevées par l'ironie, l'habileté et la tendresse de l'écrivain. C'est que David Thomas, dont la plume est sobre et l'humour british, apprécie les pince-sans-rire et les arroseurs arrosés. Prenons « À contre-courant » : le narrateur est un père de famille que l'on croit méprisé et dépassé par son fils de 20 ans : « Il contredit tout ce que je dis, défait ce que j'entreprends. » Mais c'est finalement le père qui joue un tour à son enfant pour son bien. Voilà un écrivain doué pour rendre sensibles nos pensées souterraines, comme dans « Le Fil des secondes » : « Ce sont des mots que l'on a entendus derrière une porte et qui nous invitent dans l'intimité des autres. C'est la tête que l'on tourne vers un éclat de rire dans la rue. Un strapontin de métro qui claque, le soupir d'une vieille dame montant difficilement un escalier […]. » Saisis au vol, ces échantillons d'une vie autre que la nôtre ouvrent l'imagination : on se raconte une histoire, et l'on garde pour soi ce pas de côté.

Virginie Bloch-Lainé

  • « LA MODE DÉSHABILLÉE », DE FRÉDÉRIC GODART ET ZOÉ THOURON (CASTERMAN)

La mode peut paraître frivole, futile, voire déconnectée de la réalité. Elle forme pourtant un écosystème complexe aux multiples entrées, comme le montrent le sociologue Frédéric Godart et l'illustratrice Zoé Thouron dans cet album. On apprend ainsi comment la petite robe noire ou le T-shirt sont devenus des incontournables de notre vestiaire. On y côtoie Rose Bertin – modiste attitrée de Marie-Antoinette –, le dandy George Brummel ou l'icône punk Vivienne Westwood. On plonge dans les rouages de cette industrie, de la création d'une collection jusqu'à son arrivée en boutique. Les paradoxes de la fashion et les défis de l'époque ne sont pas non plus oubliés : désastre écologique, explosion du vintage, pouvoir des réseaux sociaux, diversité et représentation des corps… Ce déshabillage complet est un véritable plaisir à regarder. Et l'on apprend beaucoup, ce qui ne gâche rien.

Cora Delacroix

  • « 1984 », D'APRÈS GEORGE ORWELL, DE SYBILLE TITEUX DE LA CROIX ET AMAZING AMEZIANE (ÉDITIONS DU ROCHER)

4 avril 1984, Londres. Winston Smith décide de tenir son journal, ce qui est interdit dans l'univers totalitaire de Big Brother dont l'image omniprésente (Staline) est supposée tout voir et tout entendre. C'est la peur au ventre que Winston, hors de vue du « télé-écran » de sa chambre, prend la plume et s'arrête sur cette pensée : « Down with Big Brother » (« À bas Big Brother »). Comment peut-il douter ? Lui qui travaille au ministère de la Vérité et réécrit l'histoire selon la ligne officielle. Phrases cultes en anglais, illustrations aux tons froids, cet album rend compte à merveille de l'ambiance paranoïaque de « 1984 ».

Sandrine Mariette

  • « VIRGINIA WOOLF, CARTE D’IDENTITÉ », D'HENRIETTE LEVILLAIN (FAYARD)

« Puisse cette femme qui gît, ce soir, au fond d'une tombe anonyme, jouir d'un doux sommeil, auquel, assurément, ont droit tous ceux qui sont à bout de fatigue. » Adolescente, Virginia Woolf consigne ainsi dans son journal l'histoire d'une femme retrouvée à la surface d'un étang de Hyde Park. Une anecdote troublante, annonçant le jour où l'auteure se noiera volontairement dans la rivière derrière sa maison. Avec délicatesse, Henriette Levillain tire tous les fils des obsessions de Woolf, démontrant que détresse et beauté guident sa plume dès les premiers instants. Un récit formidable et fouillé.

Flavie Philipon

  • « BEAUVOIR », DE GÉRALDINE GOURBE (LES PÉRÉGRINES/ICÔNES)

« B.B. n'essaie pas de scandaliser. […] Elle suit ses inclinations. Elle mange quand elle a faim et fait l'amour avec la même simplicité. […] Le désir et le plaisir lui semblent plus vrais que les préceptes et les conventions. » Imprévisible, Simone de Beauvoir rend un hommage admiratif à Brigitte Bardot dans les pages d'« Esquire », en 1959. Au fil d'un essai délicat, l'auteure raconte la philosophe à travers les femmes qui ont marqué sa vie et sa pensée, de Violette Leduc à Gisèle Halimi, avec qui elle a écrit en 1962 « Djamila Boupacha », sur une jeune femme héroïque du FLN. Ultrapuissant.

Flavie Philipon

  • « LE MINISTÈRE SECRET 1, HÉROS DE LA RÉPUBLIQUE », DE JOANN SFAR ET MATHIEU SAPIN (DUPUIS)

Mais qu'était-ce donc que cela ? Voilà – une fois l'album refermé – la question qui traversera probablement bon nombre de lecteurs. Faut-il s'en priver pour autant ? Surtout pas, tant on rit, pris par cette abracadabrantesque épopée. Récit d'aventures dans l'esprit de « Mission : impossible », teinté d'autofiction (l'un des deux auteurs en est le héros), le tout mâtiné de polar « géo-absurdo-politique », avec en têtes d'affiche François Hollande et Nicolas Sarkozy, deux super-héros a priori moyennement convaincants dans le rôle, aux prises avec des reptiliens dissimulés sous l'apparence d'Éric Cantona… Comment ça, c'est n'importe quoi ? Oui, mais du grand n'importe quoi ! En dévoilant les coulisses de leur « Ministère secret », les deux ex-copains d'atelier Mathieu Sapin et Joann Sfar se sont fait plaisir et le font partager. À dévorer.

Catherine Robin

Source : ELLE

lundi 26 avril 2021

SpaceX, Covid-19 en Inde, le génocide arménien reconnu par Biden… les cinq infos à retenir du week-end

Vous avez décroché de l’actualité ce week-end ? Nous vous résumons les principaux titres de l’actualité de ces deux derniers jours.

  • La capsule Crew Dragon de SpaceX s’est amarrée à la Station spatiale internationale



Près de vingt-quatre heures après son décollage de la planète Terre avec à son bord quatre astronautes, dont le Français Thomas Pesquet, le vaisseau Crew Dragon de SpaceX a rejoint, comme prévu, la Station spatiale internationale (ISS), samedi 24 avril au matin.

Nommée Endeavour, la capsule s’est amarrée au module Harmony samedi en fin de matinée. L’événement, ainsi que la cérémonie organisée pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivants, a été retransmis en direct par la NASA, l’Agence spatiale américaine. Outre Thomas Pesquet, pour l’Agence spatiale européenne (ESA), les trois autres membres d’équipage de la mission Crew-2 sont les Américains Shane Kimbrough et Megan McArthur et le Japonais Akihiko Hoshide. Il s’agit de la troisième mission de ce type pour SpaceX depuis que les Etats-Unis ont repris les vols habités vers l’espace.
  • Joe Biden reconnaît le génocide arménien, une première pour un président américain


Dans une déclaration solennelle, le président démocrate a admis, samedi 24 avril, que les massacres et déportations commis à partir de 1915, pendant la première guerre mondiale, par les Ottomans contre les populations arméniennes relevaient du génocide. « Chaque année en ce jour, nous nous souvenons de la vie de tous ceux qui sont morts lors du génocide arménien de l’ère ottomane et nous nous engageons à nouveau à empêcher qu’une telle atrocité ne se reproduise, a déclaré Joe Biden dans un communiqué. Nous ne faisons pas cela pour blâmer mais pour nous assurer que ce qui s’est passé ne se répète jamais. »

Le président de la République turque, Recep Tayyip Erdogan, a immédiatement réagi en accusant des « tiers » de s’ingérer dans les affaires de son pays. « Personne ne profite du fait que les débats – qui devraient être tenus par des historiens – soient politisés par des tiers et deviennent un instrument d’ingérence dans notre pays », a-t-il déclaré dans un message adressé au patriarche arménien à Istanbul.

Les présidents américains avaient toujours évité cette reconnaissance formelle pour ne pas irriter la Turquie, leur allié au sein de l’OTAN. Ronald Reagan avait fait référence, le 22 avril 1981, au « génocide des Arméniens », qui fit plus de 1,5 million de victimes, mais il s’agissait d’une incise dans une déclaration commémorant les camps de la mort nazis. Barack Obama l’avait reconnu dans des déclarations de campagne, mais ne l’avait pas fait en tant que président lors de la célébration du centenaire des massacres en 2015. Une trentaine de pays, dont la France, l’Allemagne et la Russie, ont reconnu le génocide, selon l’Armenian National Institute de Washington.

  • Covid-19 : forte hausse des contaminations en Inde, confinement prolongé à New Delhi

Le pays, qui compte 1,3 milliard d’habitants, est en proie à une effroyable flambée épidémique et a déploré 2 767 nouveaux décès dus au Covid-19 dimanche.

« Nous avons décidé de prolonger d’une semaine le confinement, a annoncé le ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal. Les ravages du coronavirus se poursuivent et il n’y a pas de répit. » La capitale, qui compte 20 millions d’habitants, est l’agglomération indienne la plus touchée par l’épidémie. Un confinement d’une semaine y avait débuté lundi, avec pour objectif de soulager les hôpitaux, confrontés à une grave pénurie d’oxygène. Beaucoup de malades meurent devant les hôpitaux de la capitale faute de lits et d’oxygène.

Plusieurs pays, comme l’Allemagne et l’Italie, commencent à fermer leurs portes aux voyageurs venant d’Inde. Dimanche, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que l’Union européenne allait fournir une assistance au pays, qui a enregistré plus de 2 millions de nouveaux cas de Covid-19 en une semaine.

  • Affaire Sarah Halimi : rassemblements en France, Eric Dupond-Moretti annonce un projet de loi sur l’irresponsabilité pénale

Plusieurs « rassemblements de la colère » ont eu lieu dimanche (à Paris, Marseille, Strasbourg…), pour contester l’absence de procès du meurtrier de Sarah Halimi, une sexagénaire juive tuée à Paris en 2017. Sous le mot d’ordre « Sans justice, pas de République », le rassemblement principal a réuni plus de 20 000 personnes, place du Trocadéro à Paris, à l’initiative du collectif Agissons pour Sarah Halimi.

Le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, a par ailleurs annoncé dimanche la présentation « fin mai » en conseil des ministres d’un projet de loi visant à « combler » un « vide juridique » après que la Cour de cassation a confirmé l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi. Tout en entérinant le caractère antisémite du crime, la plus haute juridiction judiciaire avait confirmé le 14 avril l’abolition du discernement du meurtrier, pris d’une « bouffée délirante » sur fond de forte consommation de cannabis au moment des faits. Cette décision, qui ne remet pas en cause son hospitalisation psychiatrique ordonnée par la justice, a suscité une vive émotion et une forte incompréhension d’une partie de la communauté juive.

  • Attaque de Rambouillet : le procureur antiterroriste évoque « une radicalisation peu contestable » et « des troubles de la personnalité »

Jean-François Ricard a tenu une conférence de presse dimanche pour livrer des détails de l’enquête consécutive à l’attaque meurtrière perpétrée vendredi par Jamel G. un ressortissant tunisien de 36 ans. Peu avant d’assassiner Stéphanie M., une mère de famille de 49 ans, l’homme a été filmé par une caméra de vidéosurveillance en train de se diriger vers « une salle de prière provisoire », sans que les images ne permettent d’affirmer qu’il a pénétré « directement » dans ce local. Il a été vu rejoignant le centre-ville un peu plus d’une heure plus tard.

Une « rapide exploitation » de son téléphone a révélé que « l’agresseur avait, immédiatement avant de passer à l’acte, consulté des vidéos de chants religieux glorifiant le martyre et le djihad », a précisé M. Ricard. « Un Coran » a été saisi dans le scooter à proximité des lieux du crime et « un tapis de prière » dans le cabas qu’il avait avec lui. Sa radicalisation « paraît peu contestable », a commenté M. Ricard, qui a précisé que Jamel G. présentait également « certains troubles de la personnalité ».

Source : Le Monde

vendredi 23 avril 2021

Emilia Clarke, l’actrice star de « Game of Thrones », va publier sa bande-dessinée !

 Attendue pour l’été 2021, « M.O.M. : Mother of Madness » met en scène une maman superhéroïne. Une brise féministe signée Emilia Clarke, la Mother of dragons. 

Hier, elle chevauchait des dragons, aujourd’hui, elle remplit des bulles. L’actrice britannique Emilia Clarke, aka Daenerys Targaryen dans la série « Game of Thrones », est sur le point de sortir sa toute première série de comics, la bien-nommée « M.O.M. : Mother of Madness ».  

« ON DIT TOUJOURS DE CES MÈRES QU’ELLES SONT DES SUPERHÉROÏNES »

Condensé de sottises à la « Deadpool » et de pics ultra féministes, la bande-dessinée suit les tribulations de Maya, une mère célibataire et superhéroïne, qui use de ses pouvoirs afin de démanteler une organisation secrète de trafics d’humains. « On dit toujours de ces mères qu’elles sont des superhéroïnes, et je me suis dit : et si elles l’étaient ? Et si elles étaient légitimes à être aussi des superhéros ? », déclare l’actrice à « Entertainment Weekly », avant de poursuivre : « Maya a eu une vie très dure, et elle en vient à rejeter tout ce qui la rend unique, à en avoir honte. Ce n’est que lorsqu’elle découvre ses pouvoirs qu’elle accepte véritablement qui elle est. »

DES POUVOIRS LIÉS À SON CYCLE MENSTRUEL 

Les trois volumes, écrits en collaboration avec la scénariste Marguerite Bennet, s’inscrivent dans l’histoire personnelle d’Emilia Clarke. Bien que fan absolue de comics depuis l’enfance, l’actrice décrit un milieu duquel elle s’est bien souvent sentie exclue. « Je vois toujours très peu de femmes auxquelles m’identifier (…) Y a-t-il des femmes qui ont des supers pouvoirs, mais qui ne portent pas de costume moulant ? », se désole-t-elle. C’est dans cette dynamique de changement des représentations que l’autrice a doté son personnage de pouvoirs plutôt qu’atypiques... « Elle peut faire un tas de choses extraordinaires, mais qu’à une certaine période du mois. Elles viennent toutes du fait qu’elle est une femme. Je trouvais ça cool de prendre ces choses que les femmes n’aiment pas chez elles, pour les renverser et en faire ce qui les rend surhumaines », explique-t-elle.

Si l’actrice s’est accompagnée d’une équipe créative, elle a tout de même scrupuleusement pensé les designs. Et c’est plutôt réussi. À l’instar du masque de Maya, affiché en couverture, directement inspiré des cagoules de Pussy Riot, un groupe féministe punk et militant, tout droit venu de Russie. Le premier tome, qui sortira le 21 juillet prochain aux États-Unis, promet donc de bousculer bon nombre de nos conceptions…

Source : ELLE

jeudi 22 avril 2021

Brésil : ses condamnations annulées, Lula à nouveau éligible à la présidentielle

Coup de théâtre sur la scène politique brésilienne. L'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva peut désormais affronter Jair Bolsonaro à la présidentielle de 2022, après qu'un juge de la Cour suprême a annulé lundi toutes ses condamnations pour corruption et l'a rétabli dans ses droits politiques. 

Cette décision a fait l'effet d'une bombe, propulsant de nouveau l'icône de la gauche brésilienne dans l'arène politique, dans un Brésil plus polarisé que jamais après deux ans de mandat du président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Le juge Edson Fachin a estimé que le tribunal de Curitiba (Sud) qui avait condamné Lula dans quatre procès n'était "pas compétent" pour juger ces affaires.

Celles-ci seront à présent jugées par un tribunal fédéral de Brasilia. En attendant, l'ex-président (2003-2010) recouvre ses droits politiques et peut briguer un troisième mandat. Le procureur général brésilien dispose toutefois d'un droit de recours devant la Cour suprême réunie en séance plénière.  


La fin du feuilleton judiciaire ?

Lula, 75 ans, avait déjà purgé un an et demi de prison pour corruption, d'avril 2018 à novembre 2019, avant d'être libéré sur décision collégiale de la Cour suprême. Au moment où il avait été incarcéré, l'ancien chef de l'État était donné favori des enquêtes d'opinion pour la présidentielle d'octobre 2018. Deux ans et demi plus tard, dans un sondage récent, Lula apparaît comme le seul capable de battre Jair Bolsonaro au prochain scrutin, en 2022 : 50% des personnes interrogées se disaient prêtes à voter pour lui, contre 44% pour le président sortant.  

Les dirigeants du Parti des Travailleurs (PT), formation de gauche cofondée en 1980 par Lula, ont toutefois préféré rester prudents, craignant de nouveaux rebondissements dans le feuilleton judiciaire autour de l'ex-président. "Nous attendons l'analyse juridique de la décision du juge Fachin, qui a reconnu avec cinq ans de retard que Sergio Moro n'aurait jamais dû juger Lula", a déclaré sur Twitter Gleisi Hoffman, présidente du parti.  

Elle fait allusion au juge Moro, figure de proue de la lutte anticorruption au Brésil, dont la condamnation en première instance de Lula en juillet 2017 a été le principal fait d'armes. Il était devenu par la suite ministre de la Justice de Jair Bolsonaro, avant de démissionner avec fracas en avril 2020.  

Plusieurs condamnations

Les condamnations de Lula à Curitiba, dans le cadre de l'opération anticorruption "Lavage express" avaient déjà été discréditées ces derniers mois, l'impartialité des juges et des procureurs ayant été mise en doute par des échanges de messages dévoilés par le site The Intercept Brasil

Lula avait notamment été accusé de recevoir des pots-de-vin pour favoriser des entreprises du bâtiment dans l'octroi de marchés publics, notamment liés à la compagnie pétrolière d'État Petrobras.  

La première condamnation, de dix ans et huit mois de réclusion, portait sur un appartement triplex en bord de mer que Lula aurait reçu de la part d'une de ces sociétés de BTP. La deuxième portait sur des travaux de rénovation financés par deux groupes du bâtiment dans une propriété rurale à Atibaia, dans l'État de Sao Paulo (Sud-Est).  

Source : L'Express

mercredi 21 avril 2021

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mardi 20 avril 2021

Génocide de 1994 : la France et le Rwanda « vers un avenir commun »

Le rapport publié par le Rwanda sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsis en 1994 et la réaction de Kigali excluant la complicité de Paris ouvrent « un espace politique nouveau » pour « se projeter vers un avenir commun », a réagi lundi la présidence française. La France se félicite également que les autorités rwandaises excluent des poursuites judiciaires, par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, Vincent Biruta, interviewé par le quotidien français Le Monde, souligne-t-on à l'Élysée.

Le rapport Muse, commandé par Kigali à un cabinet d'avocats américain, « indique que la France a rendu possible un génocide qui était prévisible », mais « je pense que la France n'a pas participé à la planification du génocide et que les Français n'ont pas participé aux tueries et aux exactions », déclare dans cet entretien le ministre rwandais, en assurant que « le gouvernement rwandais ne portera pas cette question devant une cour ».

La France, « collaborateur indispensable » du régime hutu

Le chef de la diplomatie rwandaise estime par ailleurs dans les colonnes du Monde que la publication de ce rapport, quelques semaines après celle du rapport d'une commission d'historiens français concluant à des responsabilités « lourdes et accablantes » de Paris dans la tragédie, va « contribuer à la réconciliation entre la France et le Rwanda ». L'enquête de près de 600 pages commandée en 2017 par le Rwanda au cabinet Levy Firestone Muse qualifie la France de « collaborateur indispensable » du régime hutu qui a orchestré le massacre en trois mois de plus de 800 000 personnes, essentiellement au sein de la minorité tutsie, selon les chiffres de l'ONU.

Elle rejette par ailleurs l'idée que Paris était aveugle face au génocide qui se préparait, comme l'a récemment conclu le rapport français dirigé par Vincent Duclert et mis sur pied par le président Emmanuel Macron. « Ces deux rapports donnent lieu à des conclusions qui ne sont pas les mêmes, mais ils ont le point commun de bouger les lignes et d'ouvrir un espace politique nouveau », a réagi lundi l'Élysée en soulignant une « étape importante au regard de la parole politique qui l'accompagne ».

Macron prévoit de « se rendre au Rwanda cette année »

Tout en relevant la « qualité exceptionnelle » du rappport Muse, le gouvernement rwandais a aussi salué dans un communiqué « les initiatives positives entreprises par le gouvernement français sous la direction du président Emmanuel Macron » et « la perspective d'un nouveau chapitre dans les relations » entre les deux pays.

Le 18 mai, la France recevra à Paris le président rwandais Paul Kagamé dans le cadre d'un sommet sur le financement des économies africaines, selon la présidence française, en rappelant qu'Emmanuel Macron avait l'intention de « se rendre au Rwanda cette année ». Même si les relations entre les deux pays se sont détendues avec l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron en 2017, le rôle de la France au Rwanda reste un sujet explosif depuis plus de 25 ans. Il est aussi l'objet d'un débat violent et passionné entre chercheurs, universitaires et politiques.

Source : Le Point

lundi 19 avril 2021

Virus: vive émotion pour le lancement de la "bulle" entre Australie et Nouvelle-Zélande

L'émotion était forte lundi chez les premiers passagers qui ont embarqué sur les vols de la "bulle" permettant désormais de voyager entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande sans avoir à effectuer de quarantaine à l'arrivée.

Des familles séparées, depuis la fermeture des frontières il y a près de 400 jours en raison de la pandémie de Covid-19, ont ainsi pu se retrouver.



"(Je vais) crier, hurler, pleurer, étreindre, embrasser, (me) sentir heureuse - tout cela à la fois", a témoigné auprès de l'AFP Denise O'Donoghue, 63 ans, à l'aéroport de Sydney avant d'embarquer.

"C'est un grand jour pour les familles et leurs amis", a déclaré la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, saluant la politique efficace de lutte contre le coronavirus, dans les deux pays, qui a permis l'ouverture de ce corridor.

Avant la pandémie, les Australiens représentaient la plus large proportion des touristes étrangers, soit 40 %, se rendant en Nouvelle-Zélande, avec environ 1,5 million d'arrivées en 2019.

Au premier jour de la mise en place de ce corridor, la plupart des passagers étaient des Néo-Zélandais de retour dans leur pays.

Les touristes devraient être plus nombreux lors des prochaines vacances scolaires en Australie, prévues dans quelques semaines.

Cet événement faisait l'objet lundi d'une vaste couverture médiatique dans les deux pays, avec de nombreux directs des télévisions depuis les aéroports.

Les mots "WELCOME WHANAU", bienvenue la famille en langue maori, ont été écrits en lettres géantes sur un talus près d'une piste de l'aéroport de Wellington.

Pour Lorraine Wratt, une Néo-Zélandaise bloquée par la pandémie alors qu'elle était dans sa famille en Australie, il est "formidable" de pouvoir à nouveau voyager.

"Nous sommes très heureux de rentrer à la maison, mais notre famille (en Australie) va énormément nous manquer", a-t-elle souligné.

"Nous sommes arrivés en Australie le 11 décembre pour passer Noël avec nos enfants... nous avions prévu de rentrer en février, cela a été un peu cauchemardesque".

Prudence

Des centaines de milliers de Néo-Zélandais expatriés vivent en Australie et, avant le coronavirus, beaucoup prenaient régulièrement l'avion pour retourner dans l'archipel. Le trajet dure trois heures.

"C'est comme si c'était un seul grand pays, donc c'est très bien d'ouvrir les frontières, cela va aider toutes les familles", s'est félicité Mehat El Masri en attendant l'arrivée de son fils Shady. Ce dernier vit à Sydney et il ne l'avait pas vu depuis 16 mois.

"Nous nous en sortons très bien en Nouvelle-Zélande et en Australie avec des précautions et en gardant les choses sous contrôle... nous avons de la chance par rapport au reste du monde", a-t-il souligné auprès de l'AFP.

Mme O'Donoghue avait le sentiment lundi d'un retour à la vie normale, "je vais y retourner, ils vont venir".

Craig Suckling, cadre au sein de la compagnie Air New Zealand, a qualifié l'atmosphère avant le départ à l'aéroport de Sydney d'"électrique".

"C'était un vrai ascenseur émotionnel", a-t-il déclaré.

Le directeur général de la compagnie aérienne, Greg Foran, a qualifié la journée d'"historique" pour les personnes travaillant dans le secteur touristique frappé de plein fouet.

"(C'est) un véritable tournant pour la compagnie aérienne. C'est le premier jour de notre renaissance", a-t-il déclaré.

L'Australie envisage la possibilité de créer des "bulles" de voyage avec Singapour, la Corée du Sud, le Japon et Taïwan, tandis que la Nouvelle-Zélande s'efforce d'autoriser un accès sans restriction aux petits États du Pacifique tels que les îles Cook et Tuvalu.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a également évoqué la possibilité que, d'ici la fin 2021, les Australiens vaccinés contre le Covid-19 puissent voyager à l'étranger. A leur retour, ils pourraient ainsi observer une période de quarantaine chez eux plutôt que d'être obligés de rester deux semaine à l'isolement dans un hôtel.

"L'idée que tout s'ouvre un jour, ce n'est pas comme ça que ça va se passer", a cependant tempéré M. Morrison.

"Cela se passera de manière prudente, en travaillant très dur sur les mesures médicales et sanitaires".

Source : Le Point